22 pages, format 23,5 x 25,5cm, 14 photographies 19xx, jet d’encre sur papier Matt Fibre 200g/m²


Pierre Devin…


Cinq jours à Bakou

Après une escale forcée à Istanbul, le survol de Trébizonde, les hasards de la vie m’ont en 2000 amené en Azerbaïdjan. Que peut-on faire en si peu de temps dans un pays que l’on découvre à peine?

Le photographe regarde autant devant que derrière ses paupières. Face à un territoire dont les champs pétrolifères, orgueil de l’époque soviétique et maintenant en déshérence, surgissent des images passées d’Asie Centrale, du Moyen-Orient, du Nord de la France post-industriel. Les paysages ainsi que les hommes portent la marque de ces fractures récentes qui se superposent à d’autres traces de l’histoire. Les nouvelles générations auront à reconstruire une identité à travers toutes ces mutations et trouver l’énergie pour continuer le métier d’être humain alors même que le monde semble se dérober.

Ce processus est impensable dans l’amnésie. Le futur commence aujourd’hui en assumant le chemin d’hier. La photographie parce qu’elle nécessite un rapport précis à l’espace et au temps peut s’y glisser se hisser au-delà du témoignage. Par les formes, elle peut aussi contribuer à interroger notre inconscient collectif et aussi la sphère d’avant le langage. Elle participe alors à l’émergence d’une citoyenneté mondiale.

Pierre Devin

janvier 2001